Sokey Edorh est un artiste-peintre togolais né en 1955 à Tsévié, au sud du Togo. Dès l’enfance, il interroge son environnement humain et physique avec une curiosité dévorante, et c’est par le dessin qu’il choisit d’exprimer ce questionnement fondamental.
Sa formation académique l’amène à étudier la philosophie à l’Université de Lomé entre 1984 et 1986, avant de poursuivre ses études à l’Académie des Beaux-Arts de Bordeaux, dont il sort diplômé en 1989. Cette double formation — intellectuelle et plastique — forge une démarche artistique exigeante, ancrée à la fois dans la pensée et dans la matière.
L’œuvre de Sokey Edorh se nourrit d’un système symbolique élaboré, inspiré des idéogrammes que l’on trouve sur les habitations des chasseurs Dogon au Mali. À travers cet alphabet personnel qu’il est seul à déchiffrer, il construit une écriture visuelle qui traverse le temps — des chamanes préhistoriques aux réalités contemporaines africaines — et interroge la liberté d’expression face aux systèmes d’oppression.
Peintre du quotidien, Sokey Edorh collecte de la latérite dans les différents pays qu’il traverse lors de ses voyages, obtenant ainsi des teintes variées selon les terres : orange en Côte d’Ivoire, rose au Burkina Faso. Ces terres d’Afrique se mêlent sur ses toiles sans frontières. À cette matière minérale s’ajoutent des techniques mixtes — collages, pigments, superpositions — qui confèrent à ses œuvres une riche et vibrante tactilité. Son œuvre se démarque par un refus des standards traditionnels de composition, une tonalité émotionnelle complexe, et un langage plastique musculeux qui reflète les tensions et les réalités de la vie urbaine contemporaine.
Artiste de renommée internationale, Sokey Edorh a exposé largement en Afrique, en Europe et aux États-Unis. Ses œuvres figurent dans plusieurs collections publiques et privées de premier plan, notamment au Musée National d’Art de Bamako (Mali), à la Fondation Jean-Paul Blachère (France), au Lehmbruck Museum de Duisbourg (Allemagne) et au Newark Museum (États-Unis).
Au cours de sa carrière, il a reçu plusieurs distinctions majeures : le 1er Prix des jeunes peintres de TVT Lomé en 1977, le Prix Pollock-Krasner à New York en 1992, et le Prix de la Fondation Heinrich Böll à Cologne en 1994. Il a également été lauréat du Prix Djamilatou Bikami lors de la Biennale Dak’art de Dakar en 2008. En 2025, Sokey Edorh est accueilli en résidence à la Fondation Montresso à Marrakech. Fort de cette expérience, il participe en novembre 20245 à une exposition collective « Waiting for Barbarians », témoignant d’une démarche artistique toujours en mouvement et d’un dialogue permanent entre création, territoire et rencontre.
Rue Marguerite Sampa, Marcory – ZONE 4C
18 BP 515 Abidjan 18, Côte d’Ivoire
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