Léopold Kossi Krampah Ankude, né le 2 août 1970 à Lomé (Togo).
Parcours
Laka commence sa carrière artistique en 1993, après avoir obtenu un DEUG en économie à l’Université Omar Bongo de Libreville (Gabon). En 1998, il rentre définitivement au Togo et expose l’année suivante au Goethe Institut de Lomé. En 1999, lors d’une exposition au Musée d’Art Contemporain de Cocody, Laka découvre la puissance de la matière devant l’œuvre de Ludovic Fadairo, intitulée « Labyrinthes du Savoir ». Il qualifie cette découverte de rencontre bouleversante qui a radicalement changé sa manière de créer.
L’Homme dans toutes ses dimensions
Son travail, principalement axé sur la peinture et les assemblages, s’inspire de ses expériences quotidiennes. Le thème central de ses œuvres est l’Homme dans toutes ses dimensions — de ses préoccupations courantes à ses aspirations transcendantales, du minuscule à l’éthéré. Cette approche confère à ses créations une dimension empreinte de spiritualité. Bien que son art puisse être qualifié d’abstrait, il reste ancré dans la réalité.
À travers ses œuvres, l’artiste invite les spectateurs à explorer l’interaction complexe des matériaux, des couleurs et du symbolisme. Il utilise de nombreuses matières brutes, qu’il vieillit lui-même à l’occasion, laissant parfois des toiles ou des sculptures passer des mois sous la pluie, le soleil et la poussière. Pour Laka, les objets oubliés ou perdus ne sont jamais tout à fait morts. Ces vieilleries sont des signes de grande richesse, chargés de mémoire — comme un lien entre traditions et modernité. L’artiste écoute et révèle leurs résonances profondes et intimes, presque secrètes.
Ses créations sont ponctuées d’agencements de matériaux composés de fils de fer, de cartons, de toiles de jute ou encore de coquillages. Ces derniers sont recouverts de couleurs proches de la nature — sable, argile, jus d’écorce — qu’il mélange à des couleurs plus classiques.
La géométrie comme langage
Ses toiles présentent une forte présence géométrique, que l’artiste justifie en ces termes :
« L’artiste, en créant, imite Dieu, qui est pour moi le plus grand artiste. Certains diront que Dieu géométrise. Et la nature autour de nous est si merveilleuse que seul un esprit super intelligent peut l’agencer et l’ordonner de cette manière. Donc, c’est cet ordre, cette géométrisation que je recherche. La géométrie est l’efficacité dans la transmission de l’idée. »
Une vision de l’Homme
Chaque œuvre de Laka — que l’on peut qualifier de mi-peinture, mi-sculpture — interpelle nos consciences. En redonnant vie à des matériaux apparemment hétéroclites, l’artiste choisit implicitement de faire un travail sur lui-même : « Le sens de toutes ces matières est qu’elles constituent le matériau de mes émotions. Voilà pourquoi je les agence : pour aller à la rencontre de qui je suis. »
L’Homme reste définitivement la principale source d’inspiration de l’artiste. Panser les plaies individuelles avant de panser les plaies collectives, c’est ce que préconise Laka : « Car nous sommes des microcosmes dans le macrocosme et nous ne pouvons prétendre à l’humanité que si nous disciplinons en nous ce qui va dans le sens des passions et des désirs. »
Véritable laboratoire de nos réalités existentielles, le spectateur ne peut qu’en sortir transformé.
Rue Marguerite Sampa, Marcory – ZONE 4C
18 BP 515 Abidjan 18, Côte d’Ivoire
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